Comme à l’accoutumée Mme Thérèse Hiébel, psychothérapeute et intervenante de nos cafés de Montbazens, a commencé par nous prendre à contre pied pour nous forcer à réfléchir sur nos propres comportements avant de réfléchir au thème.
Les participants ont donc été invités à répondre individuellement à 2 questions (les réponses restant totalement confidentielles, même Mme Hiébel ne les consultat pas), je vous propose à votre tour d’y répondre :
en ce moment, j’ai envie de ... ?
en ce moment, j’ai besoin de ... ?
Nous avons donc été amenés à la suite de cet exercie à définir quels sont les besoins et à les classer en fonction de leur aspect vital, nécessaire ou espéré.
Je vous invite à consulter la pyramide de Maslow qui a classé les besoins en 5 catégories ( cliquer ici )
Parmi d’autres nous avions retenus les besoins suivants :
manger
dormir
boire
se vêtir
respirer
sécurité matérielle
expérimenter
rêver
se projeter
etc
Il convient maintenant de faire une distinction entre besoins et envies, on peut retenir cette phrase clé : "L’envie ne se traite pas comme un besoin, l’envie peut être néfaste, le besoin est essentiel". Le besoin physiologique est essentiel à la vie (manger, boire, respirer...), l’envie peut être néfaste à la vie (envie de chocolat à l’excès, etc).
Quel est le rôle des parents face à cette dicotomie :
Eduquer : représente le rôle pédagogique, apprendre en compte les autres dans mes envies, mes besoins.
prendre soin : représente les besoins physiologiques
protéger : contre les envies potentiellement néfastes des enfants, néanmoins il faut ouvrir aux enfants un espace dans lequel ils peuvent circuler, espace limité sécurisé (temporel et/ou spatial) que les barrières soient symboliques et/ou concrêtes. La difficulté est de trouver le bon compromis entre besoin de sécurité des parents et besoin de découverte des enfants en fonction de leur age, trop sécurisé un enfant ne cherchera pas à découvrir de lui même et sera dépendant.
Voici venu le temps de la question introductrice de la réflexion par groupe : "Qu’est ce qui rend le "non" difficile à dire ?"
Parmi d’autres possibles, les 4 groupes présents ont chacun répertorié les points suivants :
difficultés par rapport au regard des autres ( "pourquoi il peut et pas moi ?" )
peur de l’affrontement avec l’enfant
dire non demande plus d’énergie aux parents que dire oui
dire "non" aux enfants parce que nos propres parents disaient "oui" ou inversement
ne pas dire "non" pour être tranquille
on a parfois l’impression de dire "non" toute la journée
les moments de fatigue le "non" sévère et définitif qui sous entend "fous moi la paix" leur fait intégrer le rapport aux autres, empêche le sentiment de toute puisssance de l’enfant ( "enfant roi")apprentissage de la frustration
Débrieffing de Mme Hiébel
Les enfants peuvent demander à l’un et à l’autre pour les renvoyer l’un contre l’autre, pendant ce temps l’enfant est tranquille...
Une notion choquante doit être abordée, être aimé fait il parti de la fonction parentale ? Aimer ses enfants fait il partie de la fonction parentale ?
Les parents ont le devoir d’apporter de l’amour aux enfants, en contre partie les enfants n’aiment pas forcément leur parent (que ce soit momentanément ou pendant toute l’enfance) le résultat cherché étant de permettre aux enfants de vivre parmi les autres et avec les autres.
Une fois l’enfant devenu adulte il arrive souvent qu’il se rende compte du rôle prépondérant que ses parents ont tenu malgré la difficulté. C’est en quelque sorte un retour sur investissement.
Ne poser aucun barrière pousse les enfants à expérimenter l’extrème ce qui peut être destructeur pour lui et/ou pour les autres. A l’inverse mettre trop de barrières empêche l’épanouissement de l’enfant.
Un dernier point qu’il convient d’aborder est l’intonation des "non" que l’on preononce, un "non" mou incite les enfants à transgresser l’interdit.
Au fur et à mesure de l’évolution des enfants ils transgressent les limites (ils montent sur un mur, escaladent la chaise...) néanmoins ils intègrent les limites parce qu’elles ont été posées, les dépasser leur permet de connaitre leur limite tout en sachant qu’il y a danger à les transgresser, ils sont donc conscients du risque, donc plus prudents...