Home Nouveau PENSION ALIMENTAIRE : Incroyable mais vrai
The News
PENSION ALIMENTAIRE : Incroyable mais vrai PDF Imprimer E-mail
Écrit par Jérôme   
Mercredi, 04 Juin 2008 19:09
 

 

Citation de Me Mejean : "Dans le cadre de mes expériences d’avocat, spécialiste du divorce, j’évoque, dans cette chronique, le problème, en cas de séparation, du paiement d’une pension alimentaire versée à un conjoint qui a choisi de ne pas travailler. "

NDLR de LPLM : lors de l’audition de l’association [ Les Papas = Les Mamans ] par le ministère de la justice concernant une humanisation de la justice familiale nous avions parlé d’un barème opposable de pension alimentaire suite aux révélations d’une enquête ( cliquer ici )nous nous étions aperçu que la fixation de pension alimentaire ne reposait sur aucun barème officiel que les magistrats avaient plus ou moins toute lattitude pour choisir le montant. Dans une telle situation, les arguments présentés pour expliquer la décision sont à charge, le parti pris flagrant aurait pourtant pu être retourné à la faveur du père en utilisant un vieux texte de loi qui propose de transformer une partie ou la totalité de la somme demandée en hébergement et nourriture (voir la vidéo plus bas). C’est une caricature du stéréotype de confinement du père au rôle de payeur et une une incitation à la non responsabilisation d’un parent.

 

La jurisprudence nous a appris depuis bien longtemps qu’elle pouvait exprimer des opinions parfois assez étranges.

Une récente décision de Cour d’appel vient confirmer cette habitude.

En quelques mots la situation :

Père divorcé, un enfant, qui bénéficie d’une résidence alternée par périodes hebdomadaires.

Malgré ce, il verse une pension alimentaire compte tenu de la soi-disant impécuniosité de la mère.

Il se remarie et fonde une famille avec sa nouvelle épouse dont il a un enfant.

Il ressaisit tout naturellement le Juge aux Affaires Familiales en arguant de sa nouvelle situation et de ses nouvelles charges.

Il se fait retoquer.

Appel du jugement ; voici l’intéressante décision qui vient d’être rendue :

" ATT/ que selon les pièces produites, Monsieur X perçoit toujours un salaire net imposable d’un montant de ... environ auquel s’ajoutent les prestations sociales à hauteur de ... par mois.

Qu’il rembourse un emprunt contracté pour le financement de l’achat d’un automobile par versement de ... par mois.

Qu’il partage avec sa nouvelle épouse les charges de la vie courante.

Qu’il ne saurait opposer à son premier enfant, qui doit rester prioritaire (pour quelle raison !) la survenance d’un enfant d’un second lit (que l’expression est laide !) s’agissant d’un choix délibéré pris en toute connaissance de cause et dont il doit assumer les conséquences.

ATT/ qu’en ce qui concerne l’intimée, il résulte des pièces versées aux débats que, cette dernière ne travaille pas (c’est son choix) et n’a pour toutes ressources que les aides sociales s’élevant à la somme de 663,88 € par mois.

Que ses charges sont celles de tout un chacun.

Qu’elle a contracté en 2000 un prêt immobilier qu’elle rembourse par mensualités de 349 € (comment un organisme bancaire a-t-il pu prêter autant d’argent avec aussi peu de revenus).

Qu’il n’est pas établi qu’elle exercerait une activité professionnelle non déclarée, et que, quand bien même elle effectuerait de petits travaux de couture pour des connaissance, cela ne saurait constituer un revenu régulier important en tout cas supérieur à celui retenu par la dernière décision...

Morale de cette histoire : la mère a fait un choix personnel de ne pas travailler et de vivre de l’aide sociale, de la pension alimentaire et d’un travail parallèle : la Cour lui donne parfaitement raison.

Le père a fait le choix de donner un petit frère à sa fille : erreur.

Le plus savoureux n’est-il pas enfin que la justice valide la notion même de travail occulte.

Voici une avancée jurisprudentielle dont l’administration fiscale va, à n’en pas douter se réjouir.

Me Franck MEJEAN

NDLR de LPLM selon l’article 211 du code l’action sociale et des familles datant du 19 ème siècle, la transaction financière peut être commuée en hébergement et en nourriture ( voir l’article sur légifrance cliquer ici ).

Source :
- site de Me Frank Mejean cliquer ici
- Légifrance cliquer ici

Autres articles d’intérêt :
- Humanisation de la justice familiale cliquer ici
- Enquête : La pratique des juges aux affaires familiales en matière de fixation de pension alimentaire Cliquer ici
- Pension alimentaire : il faut objectiver le coût des enfants du divorce Cliquer ici
- La part de la pension alimentaire dans le salaire du parent non gardien cliquer ici
- Le ministre de la Justice Pascal Clément est opposé à l’instauration d’un barème de Pension alimentaire (avril 2007) cliquer ici
- Interview de Gérard Révérend sur parenthèse radio par rapport à l’audition de l’association par le ministère de la justice cliquer ici l’interviex démarre tout de suite

 
Copyright © 2008 LPLM délégation Midi Pyrénées. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.

footer

 

Carte itinéraire

Tracez votre itinéraire jusqu'a nous...

Adresse :

Localité :

No Postal :

Pays :